La DGA va commander à MBDA une nouvelle version de son missile de croisière naval, le MdCN Mk 2, avec une portée accrue et une meilleure capacité à percer les défenses adverses. Il sera livré à partir de 2030.

Le missile de croisière naval MdCN s'apprête à monter en gamme. Dans le cadre du réarmement des forces françaises, la Direction générale de l'armement (DGA) a annoncé ce vendredi 6 novembre la signature prochaine d'un contrat avec le missilier franco-européen MBDA pour un nouveau standard, le MdCN Mk 2, livré à partir de 2030. Il gagnera en portée, en capacité à franchir les défenses adverses et en létalité, et sera tiré depuis les frégates FREMM et les sous-marins de type Suffren.
Un missile de croisière naval qui frappe très loin depuis la mer
Un missile de croisière vole comme un petit avion sans pilote pour aller frapper une cible précise, très loin. Le MdCN dépasse déjà les 1 000 km de portée, de quoi mener ce que les militaires appellent des frappes « dans la profondeur », c'est-à-dire loin derrière les lignes adverses. Il est tiré depuis les frégates multi-missions (FREMM) et les sous-marins nucléaires d'attaque de type Suffren, qui peuvent ainsi frapper à terre depuis la mer.
Il est taillé pour détruire des infrastructures de haute valeur stratégique, sans exposer le navire ou le sous-marin qui l'a lancé. Le MdCN est en service depuis 2017, il a connu son baptême du feu en avril 2018, avec trois missiles tirés depuis une frégate contre un site de production d'armes chimiques en Syrie. Le Suffren a réalisé son premier tir de MdCN en octobre 2020. Et en avril 2024, lors d'un tir d'entraînement, une FREMM et un sous-marin ont tiré simultanément, leurs deux missiles atteignant leur cible de façon synchronisée.

Un MdCN Mk 2 attendu à partir de 2030
Par rapport au MdCN actuel, en service depuis 2017, cette nouvelle version doit progresser sur trois points. Elle portera plus loin, ce qui permettra de viser des cibles plus éloignées ou de tirer en restant encore plus à distance. Elle aura plus de chances de déjouer les défenses sol-air adverses, ces radars qui repèrent les menaces dans le ciel et ces missiles chargés de les abattre avant qu'elles n'atteignent leur but. Et enfin, elle frappera plus fort une fois sur sa cible. Reste que la DGA ne chiffre ni la nouvelle portée, ni le nombre de missiles, ni le montant d'un contrat qui n'est d'ailleurs pas encore signé.
L'autre atout du MdCN, ce sont les bâtiments qui le portent. Dans le détail, des frégates et sous-marins peuvent être déployés à l'avance près d’une zone sensible, s'y déplacer librement et y rester longtemps, et ce sur plusieurs théâtres d’opérations en même temps. Ils peuvent ainsi frapper dès le début d'une crise, ce que les militaires appellent une capacité de « frappe en premier ».
Il forme ainsi un duo avec le SCALP-EG, missile de croisière de la même famille déjà en service, mais tiré depuis des avions de combat : à l'un la mer, à l'autre le ciel. Quant au MdCN Mk 2, il ne rejoindra pas la flotte du jour au lendemain, ses livraisons devant s'étaler sur plusieurs années à partir de 2030.